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ARTEHIS : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés

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Dynamiques de production matérielle. Constructions, productions et circulations des biens et des objets de consommations

Coordinatrices : Ariana Esposito et Maréva Gabillot

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Cet axe diachronique vise à penser de manière globale la chaîne opératoire de fabrication des produits, des objets usuels et artistiques, et les conséquences sur la mobilité des communautés humaines que ses contraintes techniques et culturelles leur imposent. Il s'agit d'analyser en détail les choix que les populations humaines font face à l'inégalité de répartition géographique des ressources naturelles. Cette inégalité pousse les individus à se déplacer, ce qui crée des réseaux de contacts et d'échanges de nombreuses natures ; ainsi, les mobilités sont d'ordre technique (importation de matière première par exemple), mais aussi d'ordre immatériel (circulation des idées et des savoir-faire). Avec en toile de fond commune l'analyse du couple homme / milieu, envisagé dans l’axe Fabrique du paysage, les programmes de cet axe envisagent d'étudier le fonctionnement de diverses études de cas par l'analyse des objets eux-mêmes, des matériaux sources et des réseaux de circulation. Cet axe résolument interdisciplinaire et faisant appel à une large période allant de la fin de la Préhistoire au Moyen-Âge et à des modèles répartis sur trois continents (Europe, Asie, Afrique) se mettra en place par la synergie entre l'archéologie, l'histoire, l'histoire de l'art, la géologie, la chimie, la physique des matériaux, et la géostatistique.

 

Programmes de recherche de l'axe

 

Le dépôt a été découvert en 2003 par les propriétaires d'une parcelle agricole lors du dessouchage d'une haie arbustive. Ce n'est qu' 2012, après avoir pris conscience de la valeur patrimoniale et scientifique de l'ensemble, qu'ils ont pris soin de contacter le SRA Rhône-Alpes afin de déclarer leur découverte.
Ce projet collectif de recherche se propose donc de travailler dans un cadre pluridisciplinaire afin d'étudier et de caractériser ce dépôt dont l’attribution chronologique peut être située entre le Bronze A2 et le Bronze B.
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Le nouveau programme Mobilités professionnelles de l’Antiquité au Moyen-Âge (A. Esposito et P. Kossmann) s’inscrit dans deux tendances récentes des études sur les sociétés antique et médiévale européennes. La première incite les historiens à délaisser la perspective globale sur la société, pour se concentrer sur l’étude de groupes supposés homogènes (par exemple les élites, ou les esclaves). La seconde s’intéresse à la notion de connectivité, en particulier dans le bassin méditerranéen. Il s’agira d’analyser et comprendre les mouvements auxquels sont sujettes ce que nous appelons des catégories socio-professionnelles (soldats et mercenaires, artisans, musiciens, main-d’œuvre spécialisée...). Leur mobilité apparaît à la fois sociale et spatiale. Les membres de ces groupes pouvaient en effet avoir besoin, pour exercer leur profession, de se déplacer vers les régions où leur compétence était nécessaire. Ces déplacements engendraient des échanges et une transmission des savoir-faire, mais aussi, quelquefois, des phénomènes d’intégration.

Le Programme collectif de recherches intitulé "Métallurgistes en France orientale au Bronze moyen (1500 avant notre ère)" coordonné par Mareva Gabillot est financé par le Ministère de la Culture via la DRAC Bourgogne-Franche-Comté depuis juillet 2016 pour une durée minimale de trois ans. Il regroupe une dizaine de chercheurs de quatre principaux laboratoires : ArTeHiS à Dijon, CReAAH à Rennes, IRAMAT de Bordeaux, Institut de chimie industrielle à Gênes (Italie).
L’objectif de ce projet est la caractérisation chimique et technique de la production métallique bourguigno-franc-comtoise du Bronze moyen. Il se place dans le cadre d’une vaste étude sur l’organisation de la production métallique au Bronze moyen entre la Manche et les Alpes, entamée depuis près de dix ans (Gabillot soumis).
Le Bronze moyen, au milieu du deuxième millénaire avant notre ère, est une période charnière et problématique : d’un côté, une péjoration climatique est enregistrée à l’échelle européenne et de l’autre, la production métallique semble s’intensifier largement, témoignant d’un dynamisme culturel particulièrement fort (Richard et al. 2009).
En Bourgogne-Franche-Comté, la production métallique du Bronze moyen témoigne de contacts avec différentes sphères culturelles : la Culture des Tumulus (Pétrequin et al. 1989), mais aussi la province atlantique (Gabillot et al. 2009). Les objets proviennent de mobiliers funéraires et de dépôts : ils sont considérés depuis longtemps comme des importations à longue distance, depuis la vallée du Rhin ou les rivages de la Manche. La Bourgogne-Franche-Comté serait donc simplement utilisatrice de métal.
Des recherches environnementales sur les tourbières du Morvan ont mis en évidence des indices d’activités minières et métallurgiques datant de deux mille ans avant notre ère, ce qui révèle l’exploitation ancienne de ressources minières en Bourgogne (Monna et al. 2004). Le Morvan, au même titre que la Franche-Comté, était jusqu’à très récemment, considéré comme une région de passage à l’âge du Bronze, vaguement consommatrice de métal. Les recherches récentes menées à la suite de ces découvertes environnementales tendent à montrer que la question des importations n’est pas si évidente (par exemple Gabillot et al. 2009, Monna et al. 2013). La question se pose alors de comprendre le lien entre une exploitation de ressources locales et des importations d’objets. La situation du Morvan remet en cause l’idée que la Franche-Comté, tout comme sa voisine bourguignonne, serait uniquement consommatrice et importatrice de produits finis en métal. La question se pose donc de savoir si les communautés humaines franc-comtoises au deuxième millénaire avant notre ère n’avaient pas elles aussi développé un savoir-faire local avec des ressources métalliques situées à proximité permettant de concevoir une chaîne opératoire de fabrication originale et spécifique.
Pour répondre à cette question, le seul moyen est de procéder à des analyses physico-chimiques sur les objets afin de découvrir dans quelle mesure il existe une marque de fabrique bourguigno-comtoise en métallurgie dès la fin de la Préhistoire et ainsi de l’inscrire dans une histoire ancestrale qui est encore d’actualité.
À long terme, les portées de ce projet dépasseront largement les frontières régionales puisque la France orientale se situe, à la fin de la Préhistoire, à un carrefour entre deux mondes culturels, la sphère atlantique à l’Ouest (Portugal, Espagne, rivages atlantiques français, îles britanniques) et le croissant nord-alpin à l’Est (Suisse, Allemagne, Autriche, Italie). Ainsi, la caractérisation de la production bourguigno-comtoise aura inévitablement des répercussions nationales et européennes (Gabillot et al. 2017). Nous analyserons donc en chimie élémentaire, isotopique et en métallographie les objets récemment découverts de la région salinoise (Piningre et Grut 2009), ceux du dépôt de Lons-le-Saunier (Jura, Bonnamour 2009), ceux du dépôt de Granges-sous-Grignon (Côte-d’Or), Ouroux-sur-Saône (Saône-et-Loire). L’analyse morphométrique des lingots en forme de hache ainsi que des haches à talon atlantique de Bourgogne-France-Comté viendra enfin développer les interprétations déjà obtenues (Forel et al. 2009, Monna et al. 2013, Wilczek et al. 2015).
Les résultats physico-chimiques seront mis en parallèle avec le corpus de ceux déjà obtenus sur les objets atlantiques provenant d’Aquitaine, de Bretagne et de Normandie (Lagarde-Cardonna 2012, Le Carlier de Veslud et al. 2015).
Coordination : Maréva Gabillot (UMR 6298 ARTeHIS "Archéologie-Terre-Histoire-Sociétés" CNRS/UB/Culture, Université de Bourgogne / Sciences de la Terre)
Projet collectif de recherche
Participants : Cécile LE CARLIER DE VESLUD, UMR 6566, CReAAH, Laboratoire Archéosciences, Rennes ; Jean-François PININGRE UMR 6298 ArTeHiS ; Paolo PICCARDO, Département de Chimie et de Chimie Industrielle, Université de Gênes (Italie) ; Fabrice MONNA UMR 6298 ArTeHiS ; Estelle GAUTHIER, UMR 6279 Chrono-environnement ; Céline LAGARDE-CARDONA, UMR 5060 IRAMAT-CRPAA, Institut de Recherche sur les archéomatériaux, Centre de Recherche en Physique appliquée à l’Archéologie, Université de Bordeaux 3 ; Sylvie LOURDAUX-JURIETTI, Musée d’archéologie du Jura, Lons-le-Saunier ; Florence CATTIN, UMR 6298 ArTeHiS ; Josef WILCZEK, UMR 6298 ArTeHiS et Ústav archeologie a muzeologie, Masarykova Univerzita, Brno (Česká republika).
Mots-clés :  Bronze moyen ; relations Manche-Alpes ; analyses chimiques ; métallographie ; morphométrie ; analyse spatiale
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Le programme La pierre, matériau culturel (J.-P. Garcia et F. Delencre) interrogera la naturalité (en tant que ressource géologique) et la culturalité (marqueur des choix d’un groupe social) de la pierre à bâtir, matériau traité surtout pour ses économiques et techniques jusqu’à présent. Associant les analyses de l’archéologie du bâti, de l’histoire, des systèmes d’information géographiques, et de la géologie, exploitant notamment le dernier «Atlas de la Pierre en Bourgogne» construit sur le précédent contrat, ce programme poursuivra les thèmes élaborés pour différentes périodes: l’appropriation des matériaux et les styles de constructions régionaux gallo-romains, une anthropologie de la pierre médiévale (structures bâties cisterciennes, pierre
tombales ...).

Dans le cadre de l’Etude du matériel métallurgique (S. Wirth) ont été regroupés les projets que l’on peut qualifier de « techniques » (analyses chimiques, extraction du métal, fabrication...), mais aussi liés à la mise en œuvre de typologies, ou à l’analyse artistique et stylistique des objets en métal. Ainsi la Caractérisation chimique de la métallurgie dans l’Est de la France au Bronze moyen correspond à un PCR demandé pour 2015 (M. Gabillot). Le travail mené sur la Bourgogne /Franche-Comté permettra d’envisager des comparaisons de la recette métallurgique avec l’Ouest et le Centre de la France, et par là-même, de mettre en évidence l’identification de groupes culturels par l’analyse morphométrique des objets. L’analyse des Sites miniers en cHaut-Morvan, apport topographique sur les 10 communes autour de Bibracte-Mont Beuvray (G. Hamm) sera poursuivi, l’inventaire en ayant été dressé lors du précédent quinquennal. Le projet portant sur La métallurgie dans le massif ardennais (M. Pieters) est en cours de montage et devrait débuté en 2016, en collaboration avec le GEGENA2 de l’Université de Reims. L’ Etude techno-typologique des épées à manche massif de l’Âge du Bronze (S. Wirth) sera liée à l’établissement d’une base de données de ces productions datant de la période du XVe au IXe s. av. n.è. dont la partie orientale de la zone de répartition. Des analyses radiographiques, voire densitométriques, effectuées sur des armes conservées notamment dans des collections du Grand-Est, nous permettront d’accéder à un potentiel inédit dans ce domaine. Dans le cadre de ce projet, un sujet de thèse sera proposé en 2017.
Un second volet est davantage consacré aux aspects stylistiques, avec une exposition à Nuremberg en 2017 sur La vaisselle métallique à l’âge du bronze. Ils seront aussi envisagés dans le cadre de la transmission des modèles, avec Le phénomène du mimétisme dans la production humaine ; une rencontre internationale et interdisciplinaire permettra à des spécialistes de toutes les périodes, mais aussi à des économistes, à des éthologues, théoriciens du design ... de réfléchir sur ce thème.

Un programme portant sur Production et reconstitution de la parure féminine au bronze final (S. Wirth) envisagera la reconstitution du costume (funéraire) et l’interprétation des codes vestimentaires du Bronze final à la lumière des découvertes récentes, notamment en France et en Allemagne. Une enquête menée sur les garnitures de parure vestimentaire attestées dans des dépôts métalliques et en contexte funéraire, entre les plaines préalpines de Bavière et le bassin versant du Rhône, donnera contour aux femmes longtemps « masquées» par l’omniprésence de la mise en scène du corps masculin de cette époque, qualifiée de «guerrière» par les spécialistes (masculins).

Quelques projets permettront de diversifier les régions d’étude, et permettront d’établir des comparaisons, avec la
Métallurgie du Levant (F. Cattin), projet en cours d’évaluation pour l’obtention d’un financement européen ERC-Starting Grant, ou Les ruines de Loropéni (Burkina Faso) (F. Monna) ; le site dont les niveaux les plus anciens à ce jour datent du XIe siècle, ont été récemment classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. De nombreuses mines d’or ont été exploitées tout au long du dernier millénaire dans la région. Enfin, un programme regroupe les projets portant sur Le mobilier quotidien, en particulier le PCR Le vaisselier du Ve au XIIe siècle sur les sites de consommation en Franche-Comté sur la vaisselle (céramique, bois, verre, pierre ollaire) étudiée en fonction des critères de datation, de leur utilisation et de leur diffusion.

Les chercheurs de l'axe

Aumard Sylvain
Bardel David
Ben Massaoud Fadhila
Bugnon Anne-Lise
Büttner Stéphane
Cattin Florence
Chaillot Elisabeth
Charnot Marie
Creuzenet Fabienne
Delencre Florent
Dubuis Bastien
Ducreux Franck
Dumont Annie
Dumont Léonard
Esposito Arianna
Fort Bérangère
Fouyer Toni
Gabillot Maréva
Garcia Jean-Pierre
Jolivet Sophie
Labaune Yannick
Labeaune Régis
Lacroix Marie-Christine
Le Cozanet Thibault
Lécrivain Valérie
Linton Jimmy
Maerten Michel
Martineau Rémi
Mordant Claude
Mureau Cyprien
Nuviala Pauline
Peake Rebecca
Philippe Marie
Pieters Maxence
Piningre Jean-François
Prigent Daniel
Rabeisen Elisabeth
Reveillon Elisabeth
Roscio Mafalda
Rosen Jean
Rousseau Agnès
Saggese Adrien
Thévenot Jean-Paul
Tikonoff Nicolas
Wiethold Julian
Wilczek Josef
Wilmouth Anne
Wirth Stefan

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