Ritualiser, croire et le montrer. Pratiques rituelles, religieuses et funéraires du passé

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Coordinateurs : Sébastien Bully, Germaine Depierre et Stefan Wirth

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Dans ce nouvel axe, nous chercherons à mieux comprendre la place, l’importance et les différentes manifestations des rites et des croyances dans les sociétés du passé. Cette approche se veut résolument diachronique, de la préhistoire récente à l’époque moderne, mais tout en privilégiant les époques de transitions afin de donner corps à des collégialités transchronologiques et pluridisciplinaires.

Les grandes lignes qui structureront cet axe sont celles des pratiques rituelles, religieuses et funéraires et de leur expression à travers, d’une part, leur différentes manifestations artistiques ou épigraphiques, et d’autre part, la construction des lieux de ces pratiques, à l’échelle de la sépulture, du monument architecturé, comme d’un espace raisonné et porteur de sens.

Ce dernier point induit une approche transversale avec l’axe Fabrique des paysages, qui se traduira par des journées d’études communes.

Dans une approche que l’on pourra qualifier d’anthropologie sociale, on s’interrogera également sur la religiosité de certains rites et pratiques et de la pertinence de leur acceptation comme d’une « croyance ».

L’axe « Ritualiser, croire et le montrer » est en mesure de fédérer des programmes de recherches portés par des archéologues, historiens de l’art, historiens, anthropologues et archéozoologues de l’UMR ArTeHis, mais également d’établir des collaborations avec les chercheurs de la COMUE (Umr chrono-environnement, Laboratoire des Sciences Historiques, Centre Chevrier, ISTA, etc.) comme avec des collègues étrangers dans le cadre de collaboration internationale.


 

Programmes de recherche de l'axe

 

Pratiques rituelles (P. Méniel)

Dans le cadre des Pratiques rituelles (P. Méniel), il s’agira d’analyser les gestes participant aux rituels funéraires et religieux. Seront en particulier envisagé les sacrifices d’animaux (P. Méniel) ; il s’agit d’aborder cette question à partir de l’analyse des vestiges osseux découverts lors de fouilles archéologiques dans des sanctuaires et des nécropoles.

Penser la Mort : séparer les morts des vivants dans les populations du passé (G. Depierre)

L’une des spécificités de notre équipe, l’archéothanatologie, sera présente dans le programme Penser la Mort : séparer les morts des vivants dans les populations du passé (G. Depierre). La répétitivité des faits observés au sein d’un même gisement et pour une période chronologique bien définie, nous permet de proposer une identification de ces codes et donc de pénétrer de façon plus ou moins appuyée la sphère des croyances. Les fouilles programmées de l’église Saint-Hilaire de Moutiers-Rozeille (Creuse) et de l’église Saint-Pierre de Moirans (Isère) vont nous permettre de comparer les pratiques funéraires dans la nef de l’église selon que l’on se situe en milieu rural (Saint-Hilaire) ou en milieu urbain (Saint-Pierre). Inhumation et crémation sont deux façons de traiter le corps défunt et non pas deux rituels funéraires différents. Pour l’âge du Bronze, ces deux pratiques peuvent se côtoyer tout en bénéficiant de gestes funéraires semblables. Nous développerons ces réflexions dans la publication de la nécropole de l’âge du Bronze de Migennes. Nous nous intéresserons aussi à la place des enfants dans les établissements funéraires de l’époque médiévale et moderne.

Autour des nécropoles

Le programme Autour des nécropoles envisage l’espace des morts. Les fouilles permettent de mieux comprendre les gestes alors accomplis, de percevoir les croyances des défunts et de leurs proches, de restituer une société grâce aux objets trouvés près des corps. Ces derniers fournissent eux aussi des informations capitales sur l’âge, les maladies, les conditions de vie. Réunis dans ce programme les divers projets permettront de mettre en place des comparaisons : mentionnons le PCR Anthropologie de la mort entre Sarre et Meuse VIe av –IIIe ap. Recherche diachronique (J. Kaurin et S. Marion), la Fouille de la nécropole de Champdivers « Les saives » (Jura) (Ancel M.-J.), l’étude sur Les nécropoles romaines du Finage dolois (Ancel M.-J.), les fouilles menées sur la Nécropole de Bobigny (J. Kaurin) ou encore le travail autour des pierres tombales de la Bourgogne médiévale (G. Grillon).

Les espaces du rituel et de la croyance (S. Bully)

Le programme Les espaces du rituel et de la croyance (S. Bully) compte envisager les monuments où la foi des communautés anciennes s’est exprimée. Monastères, églises, temples... ont bénéficié de techniques de construction, d’un décor qui sont autant de témoignages des capacités techniques et des talents artistiques. Envisagé dans l’espace du Grand-Est comme le PCR Les Pères du Jura et le monachisme jurassien (S. Bully, A. Bully et M. Caušević-Bully), le PCR sur l’ancienne abbaye de Moutiers Saint Jean, ou le PCR Vesontio Christiana. Topographie chrétienne de Besançon (IVe -XIe siècles) en collaboration avec l’UMR 6249 Chrono- environnement, l’analyse pourra être étendue à l’Europe occidentale avec le PCR Monastères en Europe occidentale (Ve -Xe s.) (S. Bully et Ch. Sapin) pour qui le montage d’un programme européen (horizon 2020 : ERC ou Marie Curie) est en cours, ou encore le projet APR ReVisMartin. Renaissance virtuelle de la collégiale Saint-Martin de Tours (V. Zara)

Les espaces du rituel et de la croyance (S. Bully)

Le programme MAEE et EFR Le monachisme insulaire dans l’archipel du Kvarner (Croatie) entre le Ve et le XIe siècles : le monastère Saint-Pierre d’Osor et le complexe de Martinscica (S. Bully et M. Caušević-Bully), initié lors du précédent quinquennal, sera poursuivi, en collaboration avec l’UMR Chrono-environnement (Besançon). Il est lié à un projet de GDRI ou puis d’ANR sur les complexes ecclésiastiques et monastiques côtiers et insulaires de l’Adriatique orientale (Croatie) intitulé MONACORALE, porté par ArTeHiS, en collaboration avec les Universités de Zagreb, de Venise, de Franche-Comté, le Musée national des monuments croates, le centre IRCLAMA, l’EFR et la MSH Dijon-Besançon.

Les animaux psychopompe dans le bestiaire imaginaire des civilisations anciennes (S. Wirth, R. Demès)

Enfin, le nouveau programme Les animaux psychopompe dans le bestiaire imaginaire des civilisations anciennes (S. Wirth, R. Demés). Il s’agira de faire dialoguer des spécialistes issus de différents domaines de recherche, dont l’archéologie pré- et protohistorique, des civilisations classiques en Méditerranée et en Proche- Orient ainsi que, par exemple, l’histoire des religions et l’ethnopsychologie. Des prolongements pourront être envisagés en se tournant vers l’époque médiévale.