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ARTEHIS : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés

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Paléoméandre de la Morte – commune de Sermesse (71) / Campagne 2017

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Responsable : Ronan Steinmann
Dates de chantier : avril-juillet 2017



Le site

Le paléoméandre de la Morte est le seul bras mort visible en bordure du Doubs atuel dans sa partie aval (après le pont de Navilly). Déjà indiqué comme abandonné sur la Carte des Cassini levée ici entre 1750 et 1760, il avait fait l’objet d’un premier carottage en 2009. Ce premier test, d’une profondeur de trois mètres, n’avait pas permis d’atteindre le début du remplissage argileux qui marque l’abandon du bras par le courant. L’âge radiocarbone réalisé au bout de la carotte prélevée montre que le bras se comble depuis au moins les années 901-1036 ap. J.-C. à 95,4 % d’intervalle de confiance. Cet ancien chenal montre, encore aujourd’hui, une forme très marquée dans le paysage, comme on peut le voir sur le modèle numérique de terrain LiDAR.

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Objectifs et résultats

La sédimentation a été particulièrement rapide dans ce méandre abandonné qui est devenu une mare se comblant petit à petit d’argiles. De tels enregistrements peuvent être très intéressants pour étudier le régime des crues du Doubs ou l’évolution de la végétation, l’absence d’oxygène favorisant la préservation de la matière organique et donc des pollens et organismes anciens. Du point de vue archéologique, de tels comblements sont également susceptibles de contenir des vestiges qui ne sont le plus souvent pas conservés (tissus, cuirs, vanneries, etc.). Les dimensions importantes du méandre laissent penser à une forme ancienne, réactivée avant d’être abandonnée puis comblée d’argiles au moins à partir du Xe siècle de notre ère.

Une autorisation de prospection a été demandée afin de reconstituer l’histoire de ce bras mort et d’en déterminer le potentiel archéologique. Un étudiant de Master 1 AGES, Corentin Martinez, a choisi de travailler sur cette question pour son mémoire de recherche. Il a débuté l’étude par l’analyse des plans anciens, de la bibliographie archéologique et des données LiDAR, préalable indispensable aux opérations de terrain.

Il s’agira tout d’abord de décrire la géométrie générale du comblement par le biais de coupes de la résistivité apparente du sous-sol. Selon la lithologie, la porosité et la teneur en eau sous la surface, la résistivité présente des valeurs très différentes qui peuvent correspondre à des changements dans la sédimentation du comblement du bras abandonné. En fonction des résultats obtenus sur ces coupes, des carottages ciblés sur des points problématiques seront réalisés pour décrire finement le remplissage de ce bras. Les carottes seront prélevées pour d’éventuelles analyses postérieures (granulométrie fine, détermination de macro-restes, palynologie, mesure de la susceptibilité magnétique, prélèvements pour datations radiocarbone).

La corrélation des différents forages et des coupes de résistivité doit permettre de reconstituer les différentes étapes de formation et de comblement de cet ancien bras, seul paléotracé en aval de Navilly.

Perspectives

Ce travail sera d’abord mené dans le cadre du mémoire de Master AGES de Corentin Martinez, puis fera l’objet d’un rapport déposé au SRA. À terme, ce travail pourrait enrichir les travaux géoarchéologiques menés sur le Doubs aval depuis 2008 et faire l’objet de publications dans des revues scientifiques de rangs national et international.

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Université de Bourgogne