Aller au contenu  Aller au menu principal  Aller à la recherche

Bandeau 1

ARTEHIS : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés

Suivez-nous : Suivez nous sur FacebookSuivez nous sur Twitter

Belfort « Le Bramont » Habitat de hauteur du Néolithique moyen et du Bronze Moyen / campagne 2014

img 3249 gdeResponsable du chantier :
Jean-François Piningre (associé à l’UMR 6298, ArTeHIS)Avec Annick Richard (UMR 6249 Chrono-environnement, Besançon – SRA Franche-Comté)

Dates de fouille :
12 juillet – 15 août 2014

Financement : MCC – DRAC Franche-Comté

 

 Le site fortifié du Bramont à Belfort (Territoire de Belfort) fait l’objet d’un programme de recherche pluriannuel depuis 2010. Il est implanté au débouché oriental de la Trouée de Belfort, à l’extrémité d’un éperon étroit et allongé aux versants escarpés au nord-ouest et au sud-est. Deux remparts transversaux en ferment les parties les plus étroites, sous la forme de levées de terre et de pierres d’une hauteur maximale de 1,80 m qui isolent un espace allongé grossièrement rectangulaire de 2000 m2 environ. Ces remparts sont reliés du côté nord par une levée de pierre et de terre de plusieurs dizaines de centimètres de hauteur, alors qu’une levée moins conséquente, discontinue, souligne une partie du bord sud.

 

cam 0003 img 3388

 

L’occupation du néolithique

L’occupation néolithique est surtout connue par des amas de déchets de taille et des ébauches de haches en pélite-quartz nombreux sur le site qui témoigne d’une occupation entre la seconde moitié du Ve millénaire avant notre ère et le premier quart du IVe millénaire. Dans l’état actuel des fouilles, aucune trace de rempart de cette période n’a été clairement mise en évidence. Cette absence pourrait alors laisser penser qu’à cette époque le site du Bramont ne serait qu’un habitat de hauteur non défensif, spécialisé dans la mise en forme d’ébauches de haches en relation avec les exploitations de pélite-quartz de Plancher-les-Mines (Haute-Saône), comme il en existe plusieurs dans la région de Belfort – Montbéliard. Mais il n’est pas exclu non plus qu’un rempart ancien ait été remanié lors des constructions de l’âge du Bronze auquel se rattachent tous les aménagements actuellement datés.

 

img 3249 gde fig. 14 amphore de toure e

 

Les remparts de l’âge du Bronze

Les remparts ouest, nord et sud, datés entre 1500 et 1350 av. J.-C., soit du Bronze moyen et du tout début du Bronze final, appartiennent à des types de constructions distincts qui peuvent revêtir des fonctions différentes.
– Le rempart occidental, large d’une douzaine de mètres, montre deux étapes de constructions successives et l’aménagement de fours à chaux. Composé d’un talus de blocs de calcaire et de terre et d’inclusions de chaux indurée, cet édifice ne se résume pas à une simple accumulation de matériaux. Il répond à des pratiques architecturales plus élaborées avec des façades extérieures, parementées de grandes dalles, dont l’aspect monumental était sans doute recherché.
– Le rempart sud, aux dimensions beaucoup plus réduites, supportait un alignement de blocs espacés volumineux. Cette construction a pu jouer un rôle de contrefort et de soubassement aux habitations dont les nombreux foyers revêtus de dalles de calcaire rubéfiées et les dépotoirs jalonnent sa bordure intérieure.
– Le rempart Nord se présente sous une forme moins soignée, aux parements irréguliers. Son contact avec le rempart ouest est toutefois complexe et fait état de constructions se recoupant, ainsi que d’un accès latéral possible, condamné ensuite.

Bilan

La situation du site fortifié du Bramont sur l’un des derniers promontoires dominant le débouché oriental de la Trouée de Belfort, n’est sans doute pas étrangère au choix de ce site à l’âge du Bronze moyen.
Les distinctions architecturales des aménagements soulèvent la question du statut différent de ces structures. Il apparaît clairement que le rempart ouest montre la volonté d’une certaine monumentalité avec sa masse importante, un parement extérieur soigné, composé de matériaux sélectionnés et vraisemblablement extraits à l’extrémité est de l’éperon où ces bancs de calcaire stratifié sont encore visibles. Cette construction élaborée serait d’autant plus justifiée qu’elle serait associée à un accès au site. Les raisons de l’élargissement de ce rempart, qui vient encore en accroître sa masse, restent encore obscures. L’association des modifications apportées à la jonction des remparts ouest et nord à cette étape est probable et indique une opération d’envergure qui ne résulterait pas que d’une simple consolidation de l’ouvrage. L’aménagement de fours à chaux et les matériaux rubéfiés utilisés dans le remplissage pourraient illustrer aussi une évolution des techniques par la recherche d’une plus grande stabilité de la masse interne en l’absence d’armature de bois.
Du point de vue culturel, la céramique et quelques parures en bronze attestent d’une forte influence des groupes implantés dans la plaine d’Alsace et en Suisse orientale, qui font sentir leur influence en direction du Jura et de la Bourgogne à partir de 1500 av. J.-C. Mais il est toutefois acquis que ces liens, estimés prépondérants dans la formation du Bronze moyen de Franche-Comté septentrionale et d’Alsace méridionale, ne sont pas les seuls à prendre en compte. Un lot de formes céramiques, bien individualisées en 2014, renvoie à des influences nord-italiques et méridionales, ainsi qu’a des contacts avec le Plateau suisse. A côté de son dispositif architectural élaboré, le site du Bramont occupe une place de référence dans les relations est-ouest, mais aussi sud-nord, jusqu’ici sous-estimées dans le Bronze moyen de France orientale.

CNRSfr.jpg MCC_logo.jpg Logo_inrap.gif

 

Université de Bourgogne