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ARTEHIS : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés

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Port-sur-Saône (70), le castrum de l’Antiquité tardive

Fig. 3 copie 2Responsable : Adrien Saggese (Chercheur associé, UMR 6298 ArTeHis), Valentin Chevassu (Doctorant, UMR 6249 Chrono-environnement)
Participation de : Matthieu Thivet (UMR 6249 Chrono-environnement), Christelle Sanchez (chercheuse associée, UMR 6249 Chrono-environnement), Axelle Grzesznik (Master, UFC), Amélie Berger (Doctorante, EA 2273 laboratoire des Sciences Historiques)
Dates de chantier : février, 2-13 juillet 2018
Financement : DRAC

Identifié par la Noticia Galliarum comme le chef-lieu du Pagus Portuensis, Port-sur-Saône est principalement reconnue pour la grande villa du Magny implantée sur la rive droite de la Saône et fouillée au XIXe siècle par Auguste Galaire. Ce site colossal de 15,4 ha (Ferdière et al. 2010) entouré de nombreux établissements ruraux antiques semble à lui seul générer l'activité du secteur (Faure-Brac 2002). La nomination du site comme chef-lieu de Pagus apparaît vraisemblablement durant l'Antiquité tardive, au moment où semble péricliter l'occupation de la grande villa (Gaston 2006). La présence d'une fortification maçonnée attribuable à l'Antiquité tardive sur la rive gauche de la Saône et la mention d'un ancien castrum à Port-sur-Saône en 1050 (Faure-Brac 2002) semble indiquer un transfert du pôle aristocratique à cette période. Cette création pourrait justifier la nomination du Portus Abuccinus à la tête du Pagus. L'occupation médiévale est quant à elle marquée par deux espaces funéraires à sarcophage, un premier situé à environ 150 m au nord du castrum, et le second sous la chapelle Saint-Valère sur la rive droite.

Il semble donc particulièrement important de comprendre les modalités d'évolutions de la grande villa du Magny et du castrum et de comparer la chronologie de ces deux sites afin de préciser, ou pas, une articulation entre les deux. La bipartition du site entre la partie haute du castrum et la partie basse de Saint-Valère présente un schéma d'occupation original qui mériterait d'être précisé.

Résultats :

Pour se faire, nous avons dans un premier temps dépouillé la documentation ancienne, notamment les plans, relevés et illustrations des travaux des érudits du XIXe siècle et en particulier

l’exceptionnel album Galaire  Ce dernier a effectué de nombreuses fouilles sur le territoire de la commune dans le courant du XIXe siècle et à consigné ces recherches dans un magnifique album aquarellé. La partie texte a disparu dans un incendie, il n’en reste aujourd’hui que les plans et illustrations du mobilier. La qualité de ces relevés et de ces peintures en fait un document de choix, c’est pourquoi une identification systématique du mobilier représenté sur ces planches a été entreprise. Elle a permis d’apporter des arguments important quand à une occupation tardive de la partie résidentielle de la grande villa « du Magny ».

Fig. 1 copie

La totalité des opérations de terrain 2018 ont ciblé le supposé castrum de l’Antiquité tardive. Une reconnaissance large du secteur par un drone équipé d’un capteur LiDAR a permis la création d’un Modèle Numérique de Terrain (MNT) et la délimitation du rempart. Une prospection géophysique magnétométrique a été effectuée sur une surface de plus de 2500 m² au sein de l’espace enceint.

Fig. 2 copie

De nombreuses anomalies d’origine vraisemblablement anthropique ont été repérées mais présentant une orientation divergente de celle de la fortification. Des sondages devraient être effectués au cours des missions suivantes afin de préciser la nature de ces anomalies. Pour conclure cette campagne, un nettoyage d’une section de rempart percée par un chemin communal a permis de mettre au jour une section de 6,50 m de large pour une hauteur maximum conservée de 10 assises, le tout intégralement maçonné. Le massif de fondation à livré les négatifs d’une ossature interne formée de poutres entrecoisées. La largeur exceptionnelle de cette section invite à l’interpréter comme la coupe d’une tour en saillie ou d’un système de porterie. Le mobilier collecté va dans le sens d’une construction du IVe siècle de notre ère.

Fig. 3 copie

Les investigations devraient se poursuivre de 2019 à 2021 à travers le dépôt d’un projet de PCR. Elles débuteront en 2019 par un sondage de vérification à 300 m au nord du site, afin de localiser les fouilles effectuées par Galaire au XIXe siècle. Ce dernier avait alors dégagé un bâtiment quadrangulaire d’une vingtaine de mètres de côté et au moins 4 sarcophages du haut Moyen Âge. Il sera alors également possible de tenter de restituer la stratigraphie de ce secteur.

 

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