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ARTEHIS : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés

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Jonvelle (70), réévaluation du potentiel archéologique de la commune

Fig. 6 copieResponsable : Adrien Saggese (Chercheur associé, UMR 6298 ArTeHis), Valentin Chevassu (Doctorant, UMR 6249 Chrono-environnement), Thomas Chenal (DPH ville de Besançon, chercheur associé, UMR 6298 ArTeHis)
Participation de : Axelle Grzesznik (Master, UFC), Amélie Berger (Doctorante, EA 2273 laboratoire des Sciences Historiques)
Dates de chantier : 16-20 juillet 2018
Financement : DRAC

 

Le site de Jonvelle est principalement connu pour son complexe thermal antique lié à un établissement rural de type « villa ». Elle fut fouillée à partir de la fin des années 1960 par l'abbé Descouvrières puis à partir de 1986 avec la collaboration de Nathalie Bonvalot et est aujourd'hui classée au titre des Monuments Historiques. Ces fouilles auront permis de mettre en évidence deux voies autour de la pars urbana de la villa ainsi qu'une petite occupation sur poteau datée de l'Antiquité tardive au nord-est de la zone de fouille. L'occupation du site est suggérée jusqu'au VIIIe siècle de par la découverte d'une canalisation réemployant des fragments de sarcophages mais l'espace thermal est réaménagé dès l'Antiquité tardive, vraisemblablement pour une fonction domestique. À environ 600 mètres en contrebas de la villa, un atelier de tuiliers/potiers a été fouillé par Fabrice Charlier et Nathalie Bonvalot. La dernière fournée de tuile a été datée par archéomagnétisme des années 190. La production potière quant à elle pourrait perdurer plus longtemps, peut-être jusqu'au début du IVe siècle d'après la description des cruches qui y sont produites. Une motte castrale domine le village actuel et est coiffée des ruines de la seigneurie de Jonvelle. Finalement, le village actuel est doté d'une église prieurale et paroissiale dépendant de l'abbaye de Luxeuil-lès-Bains au moins au XIIe siècle. La découverte d'un sarcophage en plâtre au niveau du bas-côté nord laisserait supposer une construction plus précoce et le développement d'un bourg en parallèle de celui d'un bourg castral dans un méandre de la Saône barré par la motte au nord-est du village actuel.

Cette configuration originale amène à plusieurs interrogations. A t'on un déplacement de l'occupation de la villa antique jusqu'au site castral et au village actuel ? Quels sont les modalités et la chronologie d'apparition de ces occupations sur les différents secteurs de la commune ?

Pour y répondre, plusieurs opérations de différentes natures ont été menées. Afin de topographier au mieux les vestiges conservés de la villa des « Jourdaines », une acquisition photogramétrique des vestiges conservés a été effectuée. Au-delà de l’intérêt topographique de cette acquisition, cette dernière a été offerte à l’association « Le Foyer » (https://sites.google.com/site/museejonvelle/home), propriétaire du site, afin de servir de support de médiation. Avec l’aval de ces derniers, un inventaire synthétique du mobilier céramique issu des fouilles anciennes de la villa a été effectué et a abouti à des résultats de premier ordre ; une remarquable diversité d’importations céramiques de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge a ainsi pu être mise en évidence, témoignant d’une occupation en continu du site entre le Ier siècle avant J.-C. et les IXe-Xe siècle. À 600 m à l’ouest de la villa, une parcelle dont le toponyme « Les Cuves », aurait pu correspondre à un espace funéraire mérovingien a été prospectée systématiquement. Les murgers environnants ont également été inspectés mais n’ont livré aucune trace d’une occupation ancienne. Une dernière opération de prospection urbaine a été menée afin de référencer tous les bâtiments du bourg ancien réemployant des éléments architecturaux médiévaux et modernes, permettant de localiser l’emprise du bourg médiéval et les remplois issus du démantèlement du château.

Fig. 6

Dans le cadre du PCR débutant en 2019, les investigations vont se poursuivre. L’étude du mobilier métallique et numismatique conservé au musée de site de la villa sera effectuée afin de compléter l’étude céramologique. Un relevé topographique des vestiges de la forteresse médiévale sera entreprise afin de permettre l’étude de son organisation. En parallèle, des prospections subaquatiques vont être effectuées dans le méandre de la petite Saône délimitant le bourg médiéval, par l’équipe d’Annie Dumont (UMR 6298 ArTeHis) dans le cadre de son PCR « Les cours d’eau en Bourgogne-Franche-Comté, patrimoine immergé et évolution des hydrosystèmes sur la longue durée ».

 

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